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Loir dans le grenier : le reconnaître et le faire partir

Des courses et des grattements au-dessus du plafond, la nuit, à la belle saison : un loir ou son cousin le lérot s'est peut-être installé dans vos combles. Ce guide vous aide à le reconnaître, à savoir ce que dit la loi, et à le faire partir sans le blesser.

Souris des champs, eau-forte, 1809. Wellcome Collection.
Souris des champs, eau-forte, 1809. Wellcome Collection.
À retenir
  • Le loir gris est nocturne et hiberne environ 6 mois par an, selon le Service public de Wallonie.
  • Il ne figure pas dans l'arrêté du 23 avril 2007 sur les mammifères protégés en France, et l'INPN le dit non protégé ; faites-le quand même partir plutôt que de le tuer.
  • Deux associations naturalistes déconseillent le poison, qui n'est pas sélectif.
  • Rangez les provisions, bloquez la montée par les gouttières et calfeutrez les accès en laissant une sortie, comme le conseille le GMB pour le lérot.
  • Accès en toiture ou retour chaque année : un professionnel ira plus vite.

Comment savoir si c'est un loir dans le grenier

Un loir dans le grenier se trahit surtout la nuit et à la belle saison. Selon le Service public de Wallonie, le loir gris est un mammifère arboricole, nocturne et discret, qui hiberne environ 6 mois par an. Des courses au-dessus du plafond la nuit, puis un long silence en hiver, orientent vers un loir ou un lérot.

Le loir a un cousin, le lérot. Selon Picardie Nature, le loir est beaucoup plus rare que lui en Picardie ; il a un pelage gris et une queue touffue, tandis que le lérot porte un masque noir jusqu'à l'arrière des oreilles. Le loir est aussi plus gros. Le Groupe mammalogique breton (GMB) indique que le loir n'est pas présent en Bretagne, dans l'état de ses connaissances.

Les deux sont souvent confondus avec les rats. Si vous entendez un bruit sans voir l'animal, notre guide bruits dans le plafond compare souris, rat, loir et fouine.

  • Des cavalcades nocturnes au printemps, dans le grenier, font penser à un lérot, selon le GMB.
  • Des cris au printemps ou en été, dans un arbre ou sur le toit, peuvent aussi les signaler, selon Picardie Nature.
  • Selon le GMB, dans les maisons, le lérot fait son gîte avec ce qu'il trouve : chiffons lacérés, cartons en copeaux, papier, laine de verre.
  • Des pommes, des poires ou des noix entamées dans le grenier sont un autre indice, car loir et lérot mangent les fruits stockés.

Avez-vous le droit de tuer un loir ?

Le loir gris ne figure pas parmi les mammifères protégés en France. L'arrêté du 23 avril 2007, qui fixe la liste des mammifères terrestres protégés, ne cite qu'une espèce de sa famille, le muscardin. Cela ne veut pas dire que tout est permis : nous n'avons trouvé aucun texte qui précise comment le capturer, le déplacer ou le détruire.

L'Inventaire national du patrimoine naturel (INPN) indique « non protégée » pour le loir gris comme pour le lérot. La fiche INPN cite seulement la Convention de Berne, un traité européen, sans en faire une espèce protégée en France. En Belgique, la Wallonie protège intégralement le loir gris, mais cette règle ne vaut pas en France.

Une newsletter de la clinique faune sauvage de l'École nationale vétérinaire de Toulouse présente le lérot comme protégé, alors que ni l'arrêté ni l'INPN ne le classent ainsi. Comme aucun texte ne dit clairement ce qui est permis, la voie la plus sûre reste de le faire partir sans le blesser.

Et le poison ? Picardie Nature rappelle que les anti-rongeurs ne sont pas sélectifs et peuvent nuire à de nombreux animaux. Le GMB demande de bannir les appâts empoisonnés, qu'il juge très dangereux pour les animaux domestiques, la faune sauvage et l'homme.

Ne le capturez pas vous-même. Pour le lérot, le GMB ne conseille la capture en nasse qu'en dernier recours, suivie d'un relâcher dans la nature. Aucune source officielle ne dit si un particulier peut le faire : demandez d'abord conseil à un centre de soins pour la faune sauvage ou à un professionnel.

    Le calendrier du loir : quand il est là, quand il dort

    Le calendrier aide à choisir le moment. Selon Picardie Nature et le GMB, le lérot hiberne d'octobre à avril. Il peut passer cet hiver dans un nichoir ou dans la maison, au grenier ou dans une grange. Pendant ce sommeil, l'animal reste enroulé sur lui-même et inactif.

    Le GMB demande d'éviter de déranger un animal en hibernation. En hiver, un grenier silencieux n'est donc pas forcément vide. Pour les petits, nous n'avons trouvé aucune source officielle qui donne leurs dates de naissance en France.

    • D'octobre à avril, le lérot hiberne, et le loir gris hiberne environ 6 mois par an.
    • Au printemps, le lérot se fait remarquer par des cavalcades nocturnes dans les greniers, selon le GMB.
    • Au printemps et en été, loir et lérot poussent des cris, parfois depuis un arbre ou un toit, selon Picardie Nature.
    • En Wallonie, les nichoirs posés en forêt pour suivre le loir gris sont surtout occupés de la mi-septembre à la fin octobre.

    Faire partir le loir et boucher les accès

    Pour faire partir un loir ou un lérot du grenier, retirez-lui ce qui l'attire, puis fermez ses accès en lui laissant une sortie. Pour le lérot, le GMB conseille des manchons qui l'empêchent de monter dans les combles tout en lui permettant d'en sortir. Évitez de le déranger pendant son hibernation.

    Voici les étapes que le GMB conseille contre le lérot, cousin du loir, complétées par Picardie Nature :

    • 1. Rangez les fruits, les noix et les provisions du grenier dans des bocaux de verre ou des boîtes en métal.
    • 2. Repérez les gouttières, poutres et plantes grimpantes comme la vigne vierge : elles facilitent l'accès aux combles.
    • 3. Posez autour des manchons hérissés de pointes tournées vers le bas, qui bloquent la montée sans bloquer la sortie. Si la pose demande une échelle ou d'aller sur le toit, faites appel à un professionnel.
    • 4. Calfeutrez les accès aux combles, même les petits trous. Ne le faites pas tant que vous n'êtes pas sûr que l'animal est sorti, sinon vous risquez de l'enfermer ; dans le doute, appelez un professionnel.
    • 5. Fermez la nuit les portes et les fenêtres du cellier.
    • 6. Si vous voulez le garder au jardin plutôt que chez vous, installez-lui un nichoir avec des matériaux doux et chauds et un peu de nourriture, comme le propose Picardie Nature.
    • Pour nettoyer les crottes laissées au grenier, suivez les précautions de notre guide souris dans la maison.
    • Vous dépassez vos moyens quand les accès sont en toiture ou en hauteur, quand le loir revient chaque année malgré le calfeutrage, ou quand vous ne savez pas s'il est encore dedans.

    Dégâts et risques

    Un des dégâts cités touche l'isolant. Le GMB cite les dégâts dans l'isolation, les bruits de cavalcade et le pillage des réserves de nourriture parmi les désagréments du lérot. Il découpe de la laine de verre, du papier et des cartons pour faire son nid.

    Les fruits stockés et les arbres fruitiers sont aussi visés. Pour les câbles électriques et les maladies, nous n'avons trouvé aucune source officielle sur le loir. Par prudence, ne manipulez pas l'animal : le GMB le demande pour toute la faune sauvage.

    Si vous avez des problèmes de cohabitation avec des lérots, la clinique faune sauvage de l'École nationale vétérinaire de Toulouse conseille de contacter un centre de soins pour la faune sauvage. Si le loir revient chaque année, vous pouvez aussi comparer les entreprises de dératisation près de chez vous avec un devis gratuit, écrit et sans engagement.

      Quand appeler un pro

      Un professionnel devient utile quand les accès sont en toiture ou en hauteur, quand le loir revient chaque année, ou quand vous ne savez pas s'il est encore dedans. Notre conseil : un devis sérieux est écrit, donne le prix avant l'intervention et décrit le repérage des accès, la méthode pour faire partir l'animal, le nombre de passages et ce qui est inclus, comme le calfeutrage.

      Questions fréquentes

      Comment savoir si on a un loir dans le grenier ?
      Le loir gris est nocturne et hiberne environ 6 mois par an. Des courses la nuit à la belle saison, des cris au printemps ou en été et des fruits entamés au grenier orientent vers un loir ou un lérot.
      Quel bruit fait un loir dans les combles ?
      Selon le GMB, le lérot, cousin du loir, fait au printemps des cavalcades nocturnes dans les greniers. Picardie Nature indique que loir et lérot poussent des cris au printemps et en été.
      Le loir est-il une espèce protégée ?
      En France, le loir gris ne figure pas dans l'arrêté du 23 avril 2007 sur les mammifères protégés, et l'INPN l'indique « non protégée ». En Belgique, la Wallonie le protège intégralement, mais cette règle ne vaut pas en France. Faites-le partir plutôt que de le tuer.
      Quand le loir quitte-t-il le grenier ?
      Aucune source officielle ne donne de date. Le lérot hiberne d'octobre à avril, parfois dans un grenier. Un grenier silencieux en hiver n'est donc pas forcément vide : avant de calfeutrer, laissez-lui une sortie, comme le permettent les manchons conseillés par le GMB.

      Sources

      1. Légifrance, Arrêté du 23 avril 2007 fixant la liste des mammifères terrestres protégés
      2. Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), Glis glis (loir gris)
      3. Inventaire national du patrimoine naturel (INPN), Eliomys quercinus (lérot)
      4. Service public de Wallonie, Loir gris, monitoring des espèces
      5. Picardie Nature, Fiche espèce lérot et loir
      6. Groupe mammalogique breton (GMB), Plaquette « Les mammifères de votre grenier » : le lérot
      7. École nationale vétérinaire de Toulouse, Newsletter de novembre 2024